Les coulisses du monde du coaching à travers l’œil d’un conseiller et mentor.
(Le terme “poaching” en anglais signifie “braconnage” ou “débauchage”, et dans ce contexte, il désigne la pratique de certains coachs qui recrutent les clients d’autres coachs de manière opportuniste.)

Dans le monde du coaching au Québec, que ce soit en affaires, en développement personnel ou en optimisation de performance, une tendance toxique semble prendre de l’ampleur. De nombreux coachs émergent des mêmes cercles, s’inspirent les uns des autres et se lancent souvent sans formation approfondie, en prétendant détenir les clés du succès grâce à leur propre expérience, parfois très limitée. Mais le véritable problème réside ailleurs : certains n’hésitent pas à s’abonner aux programmes de leurs confrères pour s’en inspirer, voire recruter leurs clients directement. Ce phénomène, que l’on pourrait appeler le “coaching poaching”, nuit à la profession et à la confiance du public envers ces accompagnateurs censés aider à progresser.
Une industrie où tout le monde devient coach
Bien que je ne sois pas un coach, on me méprend souvent pour l’un d’eux en raison de mon expérience dans l’accompagnement des entrepreneurs et dirigeants. J’ai eu l’occasion de voir à l’œuvre de nombreux coachs au fil de mes différentes implications, et si je reconnais que certains peuvent être bénéfiques pour ceux qui cherchent un encadrement ou un soutien, il est clair que d’autres abusent du système. Cette immersion m’a permis d’observer de près les dynamiques du milieu et de constater les dérives qui fragilisent la profession.
Pourquoi les clients changent-ils constamment de coach ?
Pourquoi est-il si facile de détourner des clients d’un coach à un autre ? La réponse réside en partie dans le fait que beaucoup de coachs proposent des contenus similaires, simplement présentés différemment. Cela crée une illusion de nouveauté qui incite certains clients à multiplier les accompagnements sans jamais parvenir à des résultats concrets. De plus, il existe une catégorie de clients perpétuellement en recherche d’amélioration, persuadés qu’un nouvel angle, une nouvelle approche, sera enfin la solution à leurs problèmes. Malheureusement, cette quête infinie alimente un cercle vicieux : des coachs opportunistes exploitent cette insatisfaction latente pour vendre leurs services, sans réel souci d’apporter un changement durable.

Le véritable enjeu est que ces pratiques nuisent à la réputation des coachs compétents et intègres. Ceux qui ont de véritables compétences et une éthique de travail solide se retrouvent souvent éclipsés par des “marketeurs du coaching” qui excellent dans l’art de vendre du rêve plutôt que des résultats concrets. Cette situation génère de la méfiance et des déceptions chez les clients, qui finissent par croire que le coaching en général est une industrie de promesses vides plutôt qu’un véritable levier de transformation.
Comment choisir un coach fiable ?
Cependant, tout n’est pas perdu. Pour rétablir la crédibilité du coaching et aider les clients à faire de meilleurs choix, il est essentiel de promouvoir des critères de sélection rigoureux. Avant d’engager un coach, il est crucial de ne pas se fier uniquement à son charisme ou à son marketing, mais plutôt d’examiner son contenu, ses résultats et les témoignages concrets de ses clients. Poser des questions sur ses méthodologies, ses certifications et ses expériences réelles permet d’éviter les mauvaises surprises.
Conclusion
Si le coaching peut être un formidable outil de progression, il est essentiel de faire preuve de discernement dans le choix de son accompagnateur. Un bon coach ne vend pas un rêve, il propose un processus clair et structurant pour aider à atteindre des objectifs concrets. Alors, avant de succomber à une nouvelle promesse de transformation, assurez-vous que celle-ci repose sur des bases solides et non sur une simple illusion bien vendue.
Ghislain Roy – 20 Mars 2025
Auteur, Conférencier et Conseiller Exécutif aux dirigeants